La Bataille de la Planta

Trop peu de Valaisans connaissent les événements du 13 novembre 1475 (sur la Place de la Planta, il y a aujourd’hui un kiosque à journaux nommé le « 13 novembre », vous savez maintenant pourquoi!). Rarement, à l’école, ne nous parle-t-on de notre histoire, des batailles qui ont forgé notre canton tel qu’il est aujourd’hui. Il existe bien un petit article Wikipédia sur le sujet mais, sinon, il faut se plonger dans d’obscurs (mais pas moins excellents) livres d’histoire pour en savoir plus. Comme les bouquins ne sont pas la tasse de thé de tout le monde, voici un résumé « sans prise de tête » de l’un des événements fondateurs du Valais, lequel acheva d’unifier le haut et le bas du canton. Les Saviésans ont pour habitude de prétendre qu’ils ont gagné la bataille à eux tous seuls mais, sans remettre en question leur participation, la réalité est un peu plus complexe! Les Valaisans, si fiers de leur région, apprécieront sans l’ombre d’un doute le récit de l’héroïque bataille qui eut lieu aux portes de la capitale.

place de la planta

Les Guerres de Bourgogne en toile de fond

En 1469, Sigismond de Habsbourg (duc d’Autriche), une girouette comme on en fait plus, se rapproche de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Les deux hommes signent le traité de Saint-Omer et promettent de s’assurer une défense mutuelle en cas d’attaque. Si Sigismond a choisi Charles comme allié, ce n’est pas pour rien. Depuis 1388 et la défaite de Näfels contre les Confédérés suisses, les Habsbourg ont perdu leur suzeraineté sur certaines territoires et craignent que la redoutable armée suisse ne les envahisse (à l’époque, l’armée suisse était connue pour autre chose que ses distributions de biscuits et de chocolat, sa passion pour les élastiques de jambe et ses cours de répétition bien arrosés…les temps changent!). Du coup, afin de sceller l’accord et d’être sûr que cette brute de Charles vole à son secours en cas de pépin, Sigismond lui cède, contre de l’argent, les territoires de la Haute-Alsace et de la Forêt Noire, faisant du Bourguignon un voisin direct des Helvètes. En gros, c’est un peu comme quand un gamin binoclard cède son goûter au gros dur de l’école pour qu’il mette des raclées aux autres en son nom.

        Le binoclard  (Sigismond de Habsbourg)             La brute (Charles le Téméraire)

Durant plusieurs années, les tensions s’intensifient entre les deux camps. Pierre de Hogenbach est nommé administrateur des nouveaux territoires de la Bourgogne et certaines de ses décisions économiques poussent quatre villes (Berne, Bâle, Mulhouse et Strasbourg) à former la « Ligue alémanique » ou la « Ligne de Constance ». Malgré le bloc qui se crée face à lui, Charles le Téméraire refuse de déclarer la guerre aux Suisses, faisant de lui un allié bien inutile pour les Habsbourg. Il ne reste ainsi qu’une option à Sigismond, faire volte-face et négocier une paix avec les Helvètes. Le traité est signé le 30 mars 1474 à Constance et Sigismond finit de tourner définitivement sa veste en empruntant de l’argent aux Suisses afin de racheter la Haute-Alsace à la Bourgogne. Il se range ensuite officiellement dans le camp des alliés des Confédérés. Vous avez dit opportuniste?

Pierre de Hagenbach (l’administrateur bourguignon), classé beau dernier au concours de popularité du coin, est exécuté pour crimes de guerre par les alliés rhénans (nota bene: toujours se méfier des Bâlois!) des Confédérés quelques semaines plus tard, ce qui met le feu aux poudres et donne le coup d’envoi des guerres de Bourgogne.

Les batailles les plus connues des guerres de Bourgogne sont celle d’Héricourt en 1474, celles de Grandson et Morat en 1476 puis, celle de Nancy en 1477, lors de laquelle Charles le Téméraire trouve la mort. Les Confédérés et leurs alliés, lesquels sont tantôt les Autrichiens, tantôt les Alsaciens, font preuve de leur supériorité miliaire en écrasant la Bourgogne  à plusieurs reprises avant d’en terminer totalement avec le duché.

Et le Valais dans tout ça?

Le Valais se range du côté des Confédérés, donc contre la Bourgogne, tandis que la maison de Savoie, cet ennemi héréditaire tentant de mettre la main sur le canton depuis des siècles (on en parlait ici,  et encore ) choisit le camp de Charles le Téméraire. Une fois encore, Savoyards et Valaisans s’opposent! Mais, ce qui va déclencher les hostilités est une escarmouche au sujet d’une mauvaise délimitation des terres valaisannes et savoyardes à la hauteur de Conthey… Dans la vallée de la Morge, Contheysans et Saviésans s’affrontent, une histoire qui sert encore de rivalité entre les deux villages de nos jours! Les pouvoirs en place de part et d’autre ne tardent pas à intervenir, ce qui débouchera sur la Bataille de Planta… mais ça, c’est pour la prochaine fois!

A suivre…

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