California dreamin’ IV: les 4 pires villes de Californie!

En 2016, je réalise le « California dream ». C’est à San Diego que nous avons posé nos valises jusqu’à la fin de l’année. Et on est en plein dans le cliché. Entendez par là que l’hiver se déchaîne à coup de vingt degrés et de tempêtes de soleil, que le ciel bleu n’a pour limite que l’océan bordé par des plages où règne une ambiance « So USA » et que les rues sont peuplées de gens en short peu importe la période de l’année. On les critique souvent les clichés, ça m’arrive des fois. Mais là, le cliché, il est plutôt cool. 

Aujourd’hui, je vous propose pourtant de le démonter un peu le cliché de la perfection plage+soleil+j’ai trop de la chance. Il faut le dire, la Californie est magnifique mais elle également peuplée de fous et fait partie d’un pays aux habitudes étranges. Au-delà du charme de San Diego, de la personnalité hors du commun de San Francisco et de la beauté infinie de la nature, cet état de l’Ouest américain compte également des villes, que dis-je, des verrues, à la laideur sans limite. Petit tour d’horizon.

 

 4. Merced, l’ennui y aura raison de vous.

 On ne visite pas Merced, on la traverse. Vite. Trèèèès vite. Située entre San Francisco et le magistral parc national du Yosemite, Merced n’est rien de plus qu’une infinie étendue de fast-foods, centre commerciaux et banlieues sans personnalité. En été, il y fait une chaleur digne d’un barbecue chez Satan, sans aucune possibilité de dénicher un peu d’ombre, la ville étant encerclée par les exploitations agricoles. Mis à part vous acheter un quad et, tel un redneck pur jus, vous lancer à la conquête des collines alentour, difficile de trouver des distractions. Le mieux est encore de pratiquer ledit quad sans casque, un accident est si vite arrivé et pourrait vous sauver de ce désert de culture, de vie et de joie.

merced

3. Barstow, le parasite de Vegas

Si vous vous retrouvez à Barstow, il ne peut y avoir qu’une seule raison : vous êtes en route pour Las Vegas. Je vous imagine, tout content, excité à l’idée de découvrir la ville du péché, de boire jusqu’à ne plus pouvoir prononcer votre nom tout en faisant disparaitre vos économies sur une table de Black Jack. Vous quittez la Californie du Sud (San Diego, si vous avez du goût, ou Los Angeles si vous êtes un mouton de Panurge) le pied bien posé sur le champignon, prêt à conquérir le désert californien, lequel ne tarde pas à vous en mettre plein les yeux. Au bout d’un moment, vous vous dites qu’il serait temps de manger un morceau et là, apparaît Barstow. Elle donne l’impression d’être très occupée, prisée par les voyageurs mais en fait, Barstow n’est rien d’autre qu’un parasite, suçant le sang de Vegas sans scrupules, attirant dans son centre commercial moisi, puant et vieillot, les pauvres diables attirés par les sirènes de la capitale mondiale du jeu. Elle les nourrit de mets aussi frais que Brigitte Bardot, fait descendre le tout avec des litres de Coca coupé à l’eau et les renvoie aussitôt sur la route, gardant en tribu leur dignité. Son arme implacable, c’est sa situation. Je vous dirais bien de ne pas vous arrêter à Barstow mais le désert hostile qui vous ouvre les bras jusqu’à Vegas ne vous laissera que très peu d’autres options. Au moins, vous aurez été prévenus.

barstow

2. Trona, là où les rêves vont mourir.

Trona est un trou perdu peuplé d’environ 2000 âmes condamnées au purgatoire par le bras vengeur d’un dieu sans pitié. Située aux abords d’un lac asséché, la ville traîne un air de gloire fanée, d’une époque où les usines tournaient à plein régime. Bon, soyons honnêtes, ça n’a jamais dû être la grosse éclate à Trona mais tout de même, sans les stations-services, maisons et autres magasins abandonnés, le bled avait certainement un peu plus de gueule. Malheureusement, de nos jours, Trona n’a d’autre choix que de bouillir au soleil du désert avec pour seul horizon une étendue fade et insipide. Le seul point positif est la proximité du parc national de la Vallée de la Mort qui, malgré son nom sordide, est une pure merveille qui ne vous laissera pas indifférent. Trona est une ville où on ne fait que passer, s’arrêtant pour faire le plein, acheter une bouteille d’eau et se motiver à appuyer un peu plus fort sur l’accélérateur afin de foutre le camp de ce véritable trou noir, aspirateur à rêves, assassin de derniers espoirs de l’humanité. Si vous êtes dépressif, évitez Trona.

trona

1. Bakersfield, l’enfer sur terre.

La grande gagnante, l’indétrônable lauréate de classement, Bakersfield. Située dans la vallée du centre de la Californie, à environ deux heures de Los Angeles, elle est peuplée d’environ un demi-million de victimes. Construite autour des raffineries et des tours de forage, Bakersfield possède également quelques fermes produisant des produits aussi bio que les poissons du golfe du Mexique après l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater en 2010. L’air y est tellement pollué qu’il serait sans doute meilleur pour votre santé de vous organiser une randonnée à Tchernobyl plutôt qu’une après-midi à Bakersfield. Dans la rue, des zombies déambulent entre deux doses de meth, de crack, un deal de coke à côté d’un distributeur de boissons ou deux fusillades entre gangs mexicains ennemis. Le sol est jonché de déchets et il n’est pas rare de voir des « familles », entendez par là un homme vulgairement tatoué de la tête aux pieds, une femme aux cheveux violemment décolorés et outrageusement maquillée et un bébé déjà accro au crystal meth, se promener nonchalamment tout en sirotant une canette de red bull qu’ils n’auront aucun scrupule à balancer du haut d’un pont une fois vide, afin d’agrémenter les bords de la « rivière » locale. La jeunesse de Bakersfield est une junkie obèse (30 pour cent de la population, tout de même…) et grandit dans la ville possédant le plus haut taux de MST des Etats-Unis. Là-bas, tout est à l’abandon, délabré et sans espoir de reconstruction, un peu comme l’avenir de la population. Si vous vous installez à Bakersfield, vous vous mettrez à vous défoncer au crack afin d’oublier que l’apocalypse est en marche tout en espérant que la pollution viendra à bout de vos poumons rapidement. De toute façon, vous êtes déjà en enfer et Satan est votre voisin.

bakersfield

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