Sur nos monts quand le soleil

En cet énième 1er août passé hors de nos frontières, je me suis accordé quelques minutes de réflexion sur notre jolie Suisse et je me suis dit que le plus beau pays du monde était un peu méconnu. Il trimbale de nombreux clichés, des images de cartes postales au parfum de chocolat Lindt ou Cailler mais, pourtant, de ce côté-ci de l’Atlantique, la Suisse est une entité floue, peuplée de banquiers vivant dans des neiges éternelles. S’ils voyaient nos canons à neige et nos hivers de plus en plus doux, ils feraient les gros yeux, les Américains !

 

« D’où est-ce que tu viens ? » On me le demande souvent.

« De Suisse »

« Ahhh la Suisse. C’est bizarre, t’es pas blonde », qu’ils me disent.

« Hein ? Ben, euh, non… », que je rétorque.

« Alors comme ça, chez toi, il fait froid ? », qu’ils interrogent.

« Bah ça dépend. En hiver, un petit peu mais sinon ça n’a pas grand-chose à voir avec l’Antarctique », que j’ajoute, un brin étonnée.

« Il parait qu’en Scandinavie, vous passez l’hiver dans le noir. », qu’ils me disent.

Je ne peux retenir un éclat de rire à ce moment de la conversation. Avec le temps, dès la deuxième remarque, je comprends immédiatement le quiproquo, ce qui n’empêche pas des situations cocasses. A l’étranger, les gens ont souvent tendance à mélanger la Suisse et la Suède. Le problème vient, parait-il de la similarité entre les deux mots…. Allez savoir ! Je me dis souvent qu’heureusement que le Swaziland n’est pas un pays très connu sinon, la confusion serait totale !

Malgré les petits soucis de localisation géographique, le mot « Switzerland » déclenche presque inévitablement des «OOOOOhhh » ou des « AHHHH » « Beautiful ! ». Tout à coup, on vous regarde comme un animal exotique et, lorsque vous expliquez que vous parlez français les « Oh my god, french is soooo gorgeous » (« Oh mon dieu, le français c’est magnifique ») sont immédiats. Vous pourriez vous mettre à jurer comme des charretiers ou à insulter la personne en face de vous, que vous demeuriez pour elle une espèce rare de perroquet des Alpes, ayant grandi dans un paradis terrestre, nourri au chocolat fondu et parlant une langue aussi douce que la plus belle des mélodies. Ces réactions sont très amusantes et brisent immédiatement la glace. Les Américains sont très sympathiques, enthousiastes et, malgré leur incapacité à placer la plupart des pays sur la carte du monde, ils sont beaucoup plus intéressés par le reste du globe que ce que l’on aime à croire en Europe.  Ils sont même carrément étonnants dans ce qu’ils connaissent de notre vieux continent. L’exemple le plus hilarant qui me vient à l’esprit est la « culture musicale francophone » dont a fait preuve une connaissance.

Alors que nous roulions en direction de Los Angeles, elle me dit qu’elle adooooore le français et que, sur son IPod, elle n’a qu’une seule chanson dans la langue de Molière mais qu’elle la connait par cœur, phonétiquement. Intéressée, je lui demande de qui il s’agit, m’attendant à du Charles Aznavour, Edith Piaf ou encore Vanessa Paradis. Et là, elle me dit :

« Do you know Emmanouel Moiréé »

Oui, Emmanuel Moire, c’est bien ça. Vous pouvez l’imaginer, je n’ai pas pu lui répondre, emportée que j’étais par un incontrôlable fou rire. Elle aussi a trouvé ça très drôle et n’a pas tardé à appuyer sur « play » pour faire résonner « Mon Essentiel » dans la voiture, chantant à tue-tête. Le plus tordant s’est produit après la chanson, lorsqu’elle m’explique que sa sœur lui a fait découvrir le morceau et qu’elle a même vu le clip. Elle me raconte qu’elle a cru comprendre qu’il s’agissait d’une comédie musicale et que ce bon vieux Emmanuel jouait un garçon d’écurie amoureux d’une noble. Deuxième fou rire de ma part. Je lui précise que cet obscur chanteur tenait en fait le rôle de Louis XIV, le Roi Soleil.

Bref, depuis l’étranger, on en vient à aborder notre pays et notre culture d’une autre manière, s’amusant des clichés et des confusions. On en vient aussi à l’aimer encore un peu plus. Il nous manque, parfois, même si la plupart du temps, on est heureux de découvrir d’autres horizons, plus grands, enivrants et inspirants. Malgré tout, un premier amour ne s’oublie jamais et, ce soir, nous trinquerons à notre douce et belle Suisse en dégustant une bonne vieille fondue que l’on a trouvée au magasin du coin, même si on n’a pas de caquelon. L’Helvétie s’exporte plutôt bien, il ne manquerait qu’un petit fendant de notre beau Valais pour compléter le tableau !

fondue

 

En attendant, à New York, une statue de Guillaume Tell, haute de 4 mètres, vient d’être inaugurée par des artistes suisses. Ils ont même réussi à obtenir une adresse spéciale pour leur œuvre : 1291 Wilhelm Tell street. Ça ne s’invente pas et ça fait sourire. Notre héros, symbole de liberté et d’indépendance, devrait se sentir comme chez lui aux Etats-Unis !

 

Bon premier août à tous, que la fête soit belle !

 

batiaz feux 2

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s